Le registre lyrique...
Publié le 15 Décembre 2012
L'adjectif lyrique est formé sur le mot «lyre», qui désigne un instrument de musique. Cet instrument est associé au poète et musicien de la mythologie grecque, Orphée, dont la légende raconte qu'il était capable, par sa poésie et par ses chants, de charmer les bêtes sauvages. Le sens du mot «lyrique » a évolué : il s'appliquait initialement à tout ce qui pouvait être chanté. Depuis le XIX°siècle, il est utilisé pour caractériser l'expression des sentiments et des émotions. On dira ainsi d'un poème qu'il est lyrique s'il rapporte ce que ressent celui qui parle : joie, bonheur, espoir, ou chagrin, amertume, douleur, regret.
Le mythe d'Orphée : C’est en revenant d’une longue expédition au coté des Argonautes qu’Orphée rencontre Eurydice dont il tombe immédiatement amoureux. Tout semble réuni pour une belle histoire d’amour et pourtant dès les premiers instants de leur mariage des signes inquiétants se multiplient. En effet le chant d’Hyménée, le dieu du mariage, est triste et sans joie, la torche qu’il brandit lors de la cérémonie est faible et sa fumée est ocre. Les invités ayant compris pleurent et sont tristes des mauvais présages qui ainsi s’amoncellent.
La mort d'Eurydice : En fin de journée Eurydice part se promener en compagnie des Naïades quand soudain Aristée, un fruste berger, surgit et commence à les pourchasser. Toutes parviennent à fuir mais Eurydice dans sa course se fait accidentellement piquée par une vipère. Elle meurt presque instantanément, laissant Orphée dans une souffrance si grande qu’il se retourne vers les cieux. Ses pleurs déchirants s’élèvent vers les Dieux des mois durant. Mais rien ne se signale. Sans réponses à ses prières il décide alors de se rendre aux Enfers.
Orphée aux Enfers : Pour accéder aux Enfers Orphée se rend à Ténare en Laconie où dans le fond humide d’une obscure caverne il découvre l’accès menant au royaume des morts. Sa lyre et ses talents musicaux pour seules armes il joue si admirablement de son instrument que bientôt sa musique fait virevolter jusqu’aux nuages de fantômes qui l’accompagnent. Charon, le Cerbère et les Trois juges de la mort sortent le temps de ses notes de leur rôles intransigeants et sévères pour chacun leur tour s’effacer devant lui.
Hadès cède devant la puissance évocatrice des chants d'Orphée et lui accorde le privilège unique de remonter avec Eurydice vers la lumière des vivants. Mais il exige que pendant toute la montée vers le monde des vivants Orphée ne se retourne sous aucun prétexte pour s’assurer qu’elle le suit. Longtemps il résiste à cette torture puis n’en pouvant plus d’inquiétude il se retourne ... Eurydice est bien là et dans un dernier cri déchirant elle perd pour toujours la vie.
La mort d'Orphée : Accablé Orphée tente de nouveau de redescendre en vain aux Enfers. Eurydice est belle et bien morte. Alors Orphée décide de se retirer au sommet du mont Rhodope où il se cachera. Fidèle à la mémoire d’Eurydice une légende raconte qu’il n’avait de cesse de chanter son amour encore vivant. Les femmes de Thrace en proie à une folie jalouse et furieuse s’acharne sur lui et jette son corps déchiqueté à l’eau.
J'ai perdu mon Eurydice, Rien n'égale mon malheur; Sort cruel! quelle rigueur! Rien n'égale mon malheur! Je succombe à ma douleur! Eurydice, Eurydice, Réponds, quel supplice! Réponds-moi! C'est ton époux fidèle; Entends ma voix qui t'appelle. J'ai perdu mon Eurydice, Rien n'égale mon malheur; Sort cruel! quelle rigueur! Rien n'égale mon malheur! Je succombe à ma douleur! Eurydice, Eurydice! Mortel silence! Vaine espérance! Quelle souffrance! Quel tourment déchire mon cœur! J'ai perdu mon Eurydice, Rien n'égale mon malheur; Sort cruel! quelle rigueur! Rien n'égale mon malheur! Je succombe à ma douleur!
Vous pouvez entendre si vous le souhaitez, le même chant d'Orphée interprété par un homme. Je vous propose par exemple Roberto Alagna.
/image%2F0256540%2F201211%2Fob_53309f_j-fille-a-la-perle-vermeer-1665.jpg)